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Changement climatique : IMPÉRATIVES ÉCONOMIES D’ ÉNERGIE
La vie sur terre est intimement liée à l'environnement. Nous tirons le maximum de nos besoins vitaux
des ressources naturelles. En conséquence, leur gestion durable est indispensable pour éviter leur épuisement qui provoque des perturbations de la nature et modifie le climat. Face l'ampleur du défi, les pays du monde se réuniront en décembre prochain à Copenhague (Danemark) pour discuter du problème. La déforestation est une des causes de cette modification. Au Mali, le bois de charbon est la principale source d'énergie domestique. La pression démographique aidant, l'exploitation abusive des ressources forestières est une des causes des variations climatiques dont les conséquences sont désastreuses. L’adaptation aux changements climatiques ou aux dérèglements du climat est la stratégie par laquelle des individus, entreprises, associations, collectivités, s'organisent, par des mesures adaptées, pour faire face à l'évolution actuelle du climat et anticiper ses effets. Les inondations et les catastrophes naturelles dévastent aujourd'hui notre planète et compromettent son avenir. Au moment où les perturbations climatiques sont devenues irréversibles, la seule alternative est de s'y adapter en changeant de comportement. Ce changement passe par l'utilisation des équipements, des technologies économes en énergie, protecteurs de l'environnement et des ressources naturelles. Le foyer "Taarè- Taaré" a fait ses preuves dans le domaine de l'économie d'énergie. Ce vocable "Taaré-Taaré" désigne un vent de bonheur en langue bamanan. Il symbolise l'efficacité de cet outil à soulager la souffrance des ménagères. Le foyer "Taaré-Taaré est une plate-forme composée d'une marmite de 8,5 litres, d'une poêle de 3 litres et d'une boîte isothermique. Il est alimenté par des résidus de récoltes, des débris d'arbres taillés et de papiers cartons qui constituent 30% des déchets solides produits par les ménages.
4,5 à 7 kg de bois. Cette source d'énergie atténue considérablement les émissions de gaz à effet de serre, confie notre compatriote, Binogo Ouologuem, concepteur du foyer "Taaré-Taaré" et premier responsable de la société "Taarè sarl", unité d'assemblage du produit installée à Bamako. Pour produire 1 kg de charbon de bois, il faut 4,5 à 7 kg de bois. Ces chiffres démontrent que le rythme de déboisement et de déforestation est plus rapide que celui du reboisement et de la régénération naturelle. L'économie énergétique des fourneaux à charbon, des foyers améliorés, des réchauds à pétrole, des bombonnes de gaz est estimée entre 30 et 40%. Par contre le foyer "Taaré-Taaré" permet jusqu'à 80% d'économie, indique son concepteur. La plupart des foyers vendus sur le marché exigent 200 à 300 Fcfa de charbon de bois par cuisson. La ménagère n'a besoin que de 50 Fcfa de charbon pour arriver au même résultat en utilisant "Taaré-Taaré". La marge de bénéfice est grande sur les dépenses en énergie domestique des familles, estime Bino Ouologuem. En plus de son coût modeste, l'énergie du foyer "Taaré-Taaré" est propre. Elle assure à la cuisson des qualités de conservation du goût et de la quantité de la nourriture préparée. Contrairement aux marmites classiques, la boîte isothermique permet de cuir en ébullition la céréale sans gratins en minimisant les risques de baisse de quantité. Il est adapté aux ménages de 15 à 20 personnes, selon le responsable de "Taaré sarl".Les dérèglements du climat ont un effet dévastateur sur l'environnement, sur l'économie, la société, la santé et la vie quotidienne. Cette adaptation est rendue difficile par les marges d'incertitudes, les difficultés à appliquer le principe de précaution dans l'aménagement du territoire. Tout ce qui suit reste au niveau théorique. Il n'y a aucune certitude sur l'évolution future du climat ni sur la réalité des conséquences décrites. Aucune n'a jusqu'ici été constatée.Il s'agit de s'adapter préventivement, individuellement et collectivement, à certains effets des variations climatiques. Ce qui passe par des changements de comportement et d'adaptation à notre environnement construit et cultivé pour qu'il résiste mieux aux aléas climatiques prévus : hausse de la température ou baisse de la pluviométrie. De nombreuses stratégies sont possibles et complémentaires. Certaines sont en préparation comme la stratégie d'adaptation «à petits pas», au fur et à mesure de la concrétisation des aléas climatiques. Les chercheurs mettent au point des variétés de cultures ou des outils adaptés au nouveau contexte climatique. Le foyer "Taaré-Taaré" se situe dans ce cadre. Les pays peuvent aussi privilégier les grands projets ou les lois-cadres imposant une adaptation de l'aménagement et de la gestion du territoire à ces nouveaux risques.APPUI à LA VULGARISATION DU PRODUIT. On note aussi la stratégie basée sur des scénarios prospectifs, les stratégies intégrant des éléments de résilience écologique, économique, sociale, sanitaire. Il y a la mise en place d'outils de gestion du risque, des ressources (espace, eau, halieutique, ligneuse). L'adaptation aux conditions climatiques attendues et aux aléas météorologiques extrêmes, des modes de subvention (écoéligibilité, écotaxes) ainsi que des normes et règlements concernant l'aménagement du territoire et la construction. Les ouvrages de défense (digues, écluses, pompes) contre les inondations et contre l'invasion marine des terres basses) les cultures tolérant la sécheresse ; la gestion forestière restaurant les conditions d'une meilleure résilience face aux tempêtes, maladies, parasites et incendies ; les corridors biologiques climatiques, dans les trames vertes terrestres, pour aider les espèces à migrer vers des zones climatiques permettant leur survie et la migration naturelle de ces espèces.Si ces stratégies sont communes à tous les pays du monde, chacun de son côté cherche à développer ses propres moyens pour s'adapter à la situation. Dans le cas de notre pays, le foyer "Taarè-Taaré" est un résultat concret de cette recherche. Il a besoin d'un accompagnement effectif des pouvoirs publics pour la réussite de leur politique de lutte contre les changements climatiques. Celle-ci doit se traduire par l'appui à la vulgarisation du produit. Au même titre que le gaz butane et les autres équipements d'énergie domestique, le foyer "Taaré-Taaré" doit être subventionné pour le rendre plus accessible au maximum de ménages, estime Bino Ouologuem. Beaucoup d'usagers considèrent que le coût (45.000 Fcfa) du "Taaré-Taaré" est très élevé par rapport à son pouvoir d'achat. Les composantes de l'équipement étant toutes importées, ce prix représente le seuil de rentabilité du produit. Le rythme d'écoulement de "Taaré-Taaré" est accéléré. Il est envisagé de monter des projets de développement de cette technologie. Il s'agit d'augmenter les capacités de production à plus de 2000 foyers par mois. Ceci permettra de créer des emplois. En attendant, l'entreprise fait beaucoup d'efforts dans la vulgarisation. Ainsi, pour rendre le foyer plus accessible, elle a instauré un système de crédit pour approvisionner les associations et autres organisations féminines ou structures crédibles. Le promoteur Binogo Ouologuem est convaincu que son foyer est le bienvenu pour l'avenir de nos forêts.
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