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11è Sommet de la Cen-Sad : LES CRISES TRUSTENT L’AGENDA
Sabratha est une bourgade située à environ 65 km à l’ouest de Tripoli, la capitale libyenne. La ville est en construction comme en témoignent les nombreux chantiers de routes et de bâtiments que l’on peut apercevoir à travers la ville et le long du chemin menant à Tripoli. Et déjà, une cité balnéaire se dresse sur les bords de la mer Méditerranée. C'est là que s'étaient retirés les leaders et chefs d'Etat de la Communauté des Etats Sahélo -sahariens (Cen-Sad) les 29 et 30 mai, pour leur 11è sommet.Une dizaine de chefs d'Etat, dont le président de la République, Amadou Toumani Touré et le leader libyen Muammar Khadafi, participaient à cette rencontre. Une faible présence qui n’a pas manqué de provoquer la colère du Guide de la révolution libyenne. Il a estimé qu'il était "irrespectueux" qu'un chef d'Etat s'excuse à deux jours du sommet alors que les invitations sont envoyées un ou deux mois auparavant. L'ordre du jour portait sur plusieurs points, dont l’examen des rapports des différents organes de la Communauté : rapport de la présidence en exercice sortante, celui du président du Conseil économique social et culturel dirigé par notre compatriote Moussa Balla Coulibaly, dont le siège se trouve à Bamako, rapport du secrétaire général de l’organisation. Les discussions devaient aussi porter sur l’évolution de l’Union africaine et des questions politiques et sécuritaires. Celles-ci ont d’ailleurs finalement dominé le sommet.S'agissant justement des conflits, le sommet s’est penché sur une multitude de situations à travers le continent : Tchad-Soudan, Mauritanie, Somalie, Côte d’Ivoire, Guinée, Guinée Bissau, Erythrée-Ethiopie, etc. Le conflit opposant le Soudan au Tchad dont les deux présidents Omar El Béchir et Idriss Deby Itno participaient au début de la rencontre, a fait l’objet d’une attention particulière. Le communiqué final du sommet indique que « la conférence a vivement déploré la dégradation des relations bilatérales entre les deux pays » et qu'elle s'est félicitée des initiatives de médiation prises par la Frère Guide.A l'ouverture des travaux, Muammar Khadafi qui est aussi le président en exercice de l'Union africaine, avait estimé que "le problème entre le Tchad et le Soudan doit être résolu, même par la force et les sanctions". Le Frère Guide avait toutefois déclaré qu'il comptait sur la sagesse de Béchir et de Deby pour qu'ils "assument leurs responsabilités vis-à-vis de leurs peuples et de l'Afrique". Le leader libyen n'a cependant pas donné de précision sur l'usage de la force et les sanctions. Rappelons que le Soudan et Tchad s'accusent mutuellement et régulièrement de soutenir les insurgés qui veulent à tout prix renverser leurs gouvernements respectifs. Le dernier épisode en date est l'offensive lancée par les rebelles tchadiens le 4 mai dernier contre N'Djamena. Mais ils avaient été contraints par l'armée tchadienne de regagner l'ouest du Soudan où ils sont basés.Autre dossier important examiné par les leaders et chefs d'Etat : la situation en Mauritanie où sévit une grave crise politique depuis le coup d'Etat du 6 août 2008 qui a renversé le président démocratiquement élu de ce pays voisin, Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Une élection présidentielle est programmée chez notre voisin du nord-ouest pour samedi prochain. Mais le scrutin est boycotté par les principaux partis d'opposition qui dénoncent un "simulacre" d'élection. Samedi, des sources proches de la négociation évoquaient un projet d'accord, incluant un report de plusieurs semaines de la présidentielle, comme le souhaite l'opposition. Mais l'ex-chef de la junte, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, a démenti le même samedi après-midi au cours d'un meeting électoral à Atar (nord de la Mauritanie) qu'un accord ait été trouvé à Dakar où se déroule une médiation. Qualifiant ces informations de "mensonges", il a assuré que le scrutin était "toujours prévu le 6 juin".La médiation sénégalaise a exclu hier un échec des négociations menées depuis trois jours en précisant que les consultations allaient se poursuivre.La conférence des chefs d'Etat de la Cen-Sad a exhorté les autorités mauritaniennes à poursuivre le dialogue et à rétablir l'ordre constitutionnel à travers l'organisation dans les conditions de transparence et de régularité, de l'élection présidentielle.Début mars, le leader libyen avait entrepris une médiation qui avait été critiquée par l'opposition mauritanienne qui estimait que le Guide approuvait de facto le coup d'Etat du 6 août 2008.S'agissant de la situation en Somalie où les groupes islamistes radicaux ont lancé une vaste offensive contre le gouvernement en place, la conférence des leaders et chefs d'Etat de la Cen-Sad a exprimé sa « profonde préoccupation face à la persistance de la violence et du rejet de l'autorité de l'Etat par les groupes rebelles réfractaires au dialogue ». Le sommet a également encouragé le président somalien, Cheikh Sharif Ahmed Sharif et le parlement à poursuivre les efforts de stabilisation politique et sécuritaire et les a assurés du soutien de la Cen-Sad.Tout en se félicitant des progrès enregistrés dans le processus de paix en Côte d'Ivoire et des perspectives de restauration de l'unité du pays, les chefs d’Etat ont souhaité que l'élection présidentielle prévue pour le 29 novembre prochain se tienne dans la transparence.La situation dans la bande sahélo-saharienne a également été évoquée. La conférence a dénoncé les trafics d'armes et de drogue, la collusion entre les grands réseaux de narcotrafic et le terrorisme international et a appelé à une coopération accrue entre les pays membres de la Cen-Sad, notamment dans le cadre du forum des services de sécurité et de la réunion des ministres chargés de la sécurité.Le sommet a affirmé son soutien ferme à l'initiative du président de la République, Amadou Toumani Touré, en faveur de l'organisation d'une conférence au sommet des pays concernés, sur la paix, la sécurité et le développement dans la bande sahélo-saharienne. Le principe de l'organisation de manœuvres et exercices militaires conjoints a été retenu. Comme on peut le constater, les crises ont finalement bousculé l’ordre du jour d’une rencontre qui aura finalement peu parlé des questions de développement, lesquelles sont justement la raison d’être de la Communauté des Etats sahélo-sahariens.Evoquant l'évolution de l'Union africaine, la conférence a appelé les Etats africains à participer à la 13è session ordinaire de l'UA à Syrte en vue de participer aux débats sur la transformation institutionnelle de la Commission de l'UA et avoir une position commune.Le budget de fonctionnement de la Cen-Sad a été arrêté à 9,3 millions de dollars (environ 4,6 milliards Fcfa). La présidence en exercice a été confiée au Frère Guide Muammar Khadafi qui succède ainsi au président béninois Thomas Yayi Boni.
Le président Touré en Autriche : L’AIEA, l’OPEP, l’ONUDI, l’ONUDC ET LES AUTRES
Vienne, la capitale autrichienne abrite le siège de nombreux organismes internationaux (une quarantaine dit-on) dont les plus connus sont l'Agence internationale de l'énergie atomique (la fameuse AIEA), l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), l'Organisation des Nations unies pour le développement industrielle ONUDI, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Ce qui fait de Vienne, une ville véritablement internationale. La plupart de ces agences sont logées dans le même complexe immobilier baptisé Centre international de Vienne. En visite en Autriche, le président de la République s'y est rendu pour rencontrer les responsables de ces agences.Le Mali est l'un des 37 Etats membres de la région Afrique bénéficiant du programme de coopération technique de l'AIEA.Le programme actuellement soutenu par l'Agence dans notre pays concerne la santé, la gestion des ressources en eau, l'agriculture, l'énergie, l'établissement d'un cadre réglementaire en matière de radioactivité.Les projets en cours couvrent une gamme étendue d'applications dans des domaines très importants : applications médicales, mise en place du premier centre de radiothérapie et d'oncologie, diagnostic médical avancé par des techniques de médecine nucléaire, amélioration des techniques de fertilisation pour la production du sorgho, lutte contre l'érosion des sols et la sédimentation du sous-bassin du fleuve Bani, santé animale, sûreté radiologique et nucléaire, lutte contre la mouche tsé-tsé.Quant à l'OPEP, il s'agit d'un grand partenaire de notre pays. Elle est présente chez nous depuis le milieu des années 1970. Le Fonds de l'OPEP finance actuellement plus de 30 projets dans notre pays dans des domaines clés comme l'agriculture et les infrastructures. L’ONUDI, elle, est l’organisation spécialisée des Nations unies chargée de promouvoir le développement et la coopération industriels au niveau international. A cet titre, elle s’emploie à améliorer la qualité de vie des pauvres dans le monde en mobilisant des ressources compétentes dans trois domaines thématiques interdépendants : réduction de la pauvreté grâce à des activités productives, renforcement des capacités commerciales, énergie et environnement.L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime entend lui aussi étroitement collaborer avec notre pays. Son directeur général, Antonio Maria Costa, l'a assuré à l'issue d'une audience que lui accordée le président Touré.Evoquant la situation dans la bande sahélo-sahélienne, Antonio Maria Costa a relevé que les problèmes sont très sérieux et qu'ils affectent beaucoup de pays en même temps. Il a annoncé que l'Office apportera une assistance au Mali sur les plans législatifs et opérationnels (moyens de police, de transport etc.).Il a rendu hommage à notre pays pour ses efforts dans la lutte contre les deux fléaux de la bande sahélo-saharienne. Le Mali, a-t-il reconnu, fait beaucoup, mais il lui faut davantage de moyens. L'office va donc sensibiliser les bailleurs de fonds pour mobiliser les moyens nécessaires. Le président Touré a remercié ces différentes agences et d’autres organisations pour l’aide multiforme qu’elles apportent à notre pays. Et cela dans des domaines qui correspondent à nos priorités nationales. Elles ont donc le soutien total du Mali.
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